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Déplacement médical à Nantes : solutions pratiques
Se rendre chez un spécialiste, passer un examen ou rejoindre un établissement de santé quand on ne peut pas prendre le volant : c'est une réalité quotidienne pour des milliers de Nantais. Heureusement, plusieurs solutions de transport sanitaire existent selon l'état de santé du patient, et l'Assurance Maladie peut couvrir tout ou partie des frais. Voici comment naviguer dans ce système et choisir le bon dispositif selon votre situation.
Les conditions pour bénéficier d'une prise en charge de transport médical
Tous les déplacements vers un professionnel de santé ne sont pas automatiquement remboursés. La prise en charge par l'Assurance Maladie s'applique dans des situations bien précises, et il est utile de les connaître avant d'organiser un trajet depuis Nantes ou ses environs.
L'hospitalisation figure parmi les premiers critères retenus, quelle que soit sa durée : totale, partielle ou même ambulatoire. Dès lors qu'un séjour médical est acté, le transport aller comme retour peut être couvert. Les patients atteints d'une affection longue durée (ALD) peuvent également en bénéficier, à condition de présenter une incapacité au déplacement reconnue selon le Référentiel de Prescription des Transports.
Un accident du travail ou une maladie professionnelle ouvre aussi ce droit, tout comme les situations nécessitant un transport en ambulance (patient devant rester allongé, sous surveillance constante). Deux situations spécifiques requièrent un accord préalable de la CPAM : les trajets longue distance, au-delà de 150 km aller, et les transports en série, soit au moins 4 voyages de plus de 50 km aller sur une période de deux mois pour un même traitement.
Les femmes enceintes peuvent bénéficier d’une prise en charge intégrale de leur transport en ambulance dès le premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour suivant l’accouchement. Des solutions adaptées sont également proposées aux personnes à mobilité réduite. Certains véhicules disposent notamment d’une rampe sécurisée permettant le transport d’un patient installé dans un fauteuil roulant électrique. Pour bénéficier de ce type de véhicule, le médecin doit impérativement mentionner ce besoin spécifique sur la prescription médicale de transport.
Les moyens de transport disponibles selon votre état de santé
Le choix du mode de transport ne relève pas du patient seul : c'est le médecin qui prescrit le moyen adapté selon l'état clinique. Trois grandes catégories structurent l'offre de transport sanitaire à Nantes.
L'ambulance : pour les situations les plus complexes
L'ambulance s'impose quand le patient doit voyager allongé ou semi-allongé, sous oxygène, ou dans des conditions d'asepsie particulières. La surveillance médicale continue pendant le trajet, ou le recours au brancardage, justifient également ce choix. C'est le mode de transport le plus médicalisé de la chaîne.
Le VSL et le taxi conventionné : le transport assis professionnalisé
Le Véhicule Sanitaire Léger (VSL) peut accueillir de une à trois personnes simultanément. Au-delà du simple trajet, il inclut un accompagnement physique du patient depuis son domicile jusqu'au véhicule, puis de ce dernier jusqu'à l'entrée de l'établissement de santé. Il embarque du matériel de premier secours et répond à des normes d'hygiène strictes.
Le taxi conventionné, lui, se distingue clairement du taxi classique. Sa convention avec la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) autorise le remboursement direct des courses médicales. Ces deux modes forment ce qu'on appelle le transport assis professionnalisé (TAP), prescrit lorsque le patient a besoin d'aide à la marche ou risque des effets secondaires médicamenteux. Nous intervenons régulièrement sur ce type de trajet depuis la région nantaise.
Enfin, les transports en commun terrestres (bus, train, métro), l'avion ou le bateau de ligne régulière peuvent aussi faire l'objet d'une prise en charge, selon la prescription du médecin et la situation administrative du patient.
La prescription médicale de transport : comment l'obtenir et l'utiliser
La Prescription Médicale de Transport (PMT) est le document central du dispositif. Sans elle, aucun remboursement n'est possible. Il s'agit d'une ordonnance spécifique, à établir avant le départ ou, au plus tard, le jour même en cas d'urgence.
Ce que doit contenir la PMT
Pour être valide, la prescription doit mentionner le nom et prénom du bénéficiaire, la destination, la date du transport, le mode prescrit et la situation médico-administrative (ALD, accident du travail, etc.). Elle doit porter la signature et le tampon du médecin prescripteur. Sa durée de validité est d'un an.
- Le formulaire cerfa n°11574 correspond à la prescription médicale de transport standard.
- Le formulaire cerfa n°11575 s'utilise lorsqu'un accord préalable de la CPAM est requis (longue distance, transport en série, avion ou bateau).
Bonne nouvelle : l'absence de réponse de la caisse dans les 15 jours suivant la demande vaut acceptation tacite. En cas d'urgence avec appel du Centre 15 (SAMU), c'est le médecin de la structure d'accueil qui établit la prescription. Certaines convocations (service médical de l'Assurance Maladie, spécialiste, Commission Régionale d'Invalidité, fournisseur agréé d'appareillage médical) valent directement prescription.
Le remboursement des frais de transport médical : taux et démarches
En règle générale, les frais de transport médical sont remboursés à hauteur de 55 %, sur la base des tarifs fixés par l’Assurance Maladie. Une prise en charge intégrale peut toutefois être accordée dans certaines situations particulières. Elle concerne notamment les femmes enceintes, les nourrissons âgés de moins de 30 jours, les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, ainsi que les patients atteints d’une affection de longue durée. Le remboursement à 100 % peut également s’appliquer aux enfants pris en charge par un CAMSP ou un CMPP, ainsi qu’aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’Aide médicale de l’État.
Une franchise médicale s'applique sur les taxis conventionnés, VSL et ambulances : 4 euros par transport, avec un plafond quotidien de 8 euros et un plafond annuel de 50 euros par personne. Les transports d'urgence déclenchés via le SAMU en sont exonérés, tout comme les véhicules personnels et les transports en commun.
Pour obtenir le remboursement, les documents à transmettre à la CPAM incluent la PMT, les justificatifs de paiement selon le mode choisi, et pour le VSL ou l'ambulance, la facture de transport (cerfa n°11163). Pour un taxi conventionné, la prescription et la facture suffisent. Depuis le 23 septembre 2019, la plateforme mrs.beta.gouv.fr permet d'envoyer ces pièces en ligne, en les photographiant avec un smartphone.
- Rassemblez la PMT, la facture du transporteur et vos justificatifs de paiement.
- Transmettez-les à votre CPAM via mrs.beta.gouv.fr ou par courrier postal selon votre préférence.
Un conseil commode : conservez systématiquement une copie de chaque prescription médicale de transport. En cas de traitement régulier nécessitant plusieurs déplacements vers un établissement nantais, nous recommandons d'anticiper la demande d'accord préalable dès que les paramètres de distance ou de fréquence approchent des seuils fixés par l'Assurance Maladie. Cela évite tout refus de remboursement après coup et facilite l'organisation des trajets sur la durée.